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13
Juil

Des moteurs de recherche « écologique », vraiment?

Qu’est-ce qu’un moteur de recherche écologique, comment est-ce que cela fonctionne et sont-ils vraiment plus écologiques que les autres?

Arrivée chez Empreintes pour un stage de 6 semaines, j’ai d’emblée été impliquée dans les projets menés par l’asbl et la vie d’équipe. Lors de ma première réunion d’équipe, une question sur les moteurs de recherche écologiques a surgi au travers d’une discussion. Mais qu’est-ce qu’un moteur de recherche écologique, comment est-ce que cela fonctionne et en quoi sont-ils plus écologiques que les autres?

Vous vous posez aussi la question ? J’ai mené mon enquête et en voici les résultats.

Internet, le 6ème consommateur d’énergie au monde !

Avant d’aborder la question des moteurs de recherche une explication sur le fonctionnement d’Internet s’impose.

Qu’on le veuille ou non, Internet fait désormais partie intégrante de nos vies. C’est une invention fantastique qui nous facilite grandement la vie. Ce qu’on sait moins (ou que l’on cherche moins à savoir), c’est que ce monde virtuel pollue et on ne parle pas ici de SPAM ou de virus informatique, mais bien d’émissions de CO2!

Le chemin entre une question lancée sur un moteur de recherche et le site web que l’on désire consulter n’est pas si virtuel que ça.

Le mot clé encodé emprunte un dédale de câbles de cuivre pour rejoindre un serveur dans notre quartier qui le transfèrera dans un centre de données (data center) de la région pour un premier traitement. Il part ensuite en direction du data center de l’hébergeur du moteur de recherche utilisé, pour la plupart, de l’autre côté de l’Atlantique. Après analyse, le résultat de la requête effectuera tout le chemin inverse pour se retrouver quelques serveurs relais plus tard sur notre écran.

Télégeography : Internet cable map

Dans ces centres de données, des milliers de serveurs fonctionnent en continu et une quantité colossale d’énergie électrique est nécessaire pour les refroidir. Vous avez déjà remarqué comme votre ordinateur chauffe lorsqu’il reste allumé un certain temps ? Alors imaginez la chaleur dégagée par ces milliers de moteurs rassemblés dans d’immenses bâtiments ! Les moteurs de recherche y stockent les données des pages web du monde entier, et les sites web eux-mêmes sont bien souvent hébergés dans des data center.

Internet, c’est un réseau de 930 000 km de câbles, plus de 3000 centres de données répartis dans une centaine de pays. Ces technologies de l’information et de la communication représentent 7 % de la consommation électrique mondiale, ce qui représente 2% des émissions mondiales de CO².

Si Internet était un pays, il serait le sixième plus grand consommateur d’énergie de la planète.

Les géants du web se mettent au vert

Depuis 2010, Greenpeace pousse les géants du Net, avec sa campagne #clickclean, à abandonner les énergies polluantes, comme le charbon, et à se tourner vers les énergies renouvelables.

Ils ont évalué l’empreinte énergétique des centres de données de 70 sites et applications web, parmi les plus populaires au monde et leur ont attribué une note qui va de A pour les plus propres et économes en énergie, à F pour les plus pollueurs.

Ce classement se base sur 3 critères :

  • la transparence énergétique,
  • le pourcentage d’utilisation des énergies renouvelables,
  • l’efficacité énergétique et la stratégie de réduction des gaz à effet de serre.

Puisque nous nous intéressons aux moteurs de recherche, voici les résultats des moteurs de recherches les plus utilisés chez nous :

  • Google est noté A en 2017. Il tend vers une énergie 100% renouvelable pour refroidir ses centres de données. Parmi ses actions en faveur d’une diminution de son empreinte écologique, Google construit de nouveaux data center dans les pays scandinaves afin de minimiser l’utilisation de la climatisation en utilisant l’énergie hydraulique et le climat froid (Freecool data center).
  • Bing, qui dépend de Microsoft est noté B en 2017, il progresse petit à petit avec comme objectif d’alimenter ses Datacenter à 50% avec des énergies renouvelables d’ici 2018.
  • Yahoo est également noté B en 2017, il est bien classé depuis le début mais ses efforts stagnent et d’autres entreprises ont fini par le dépasser.

Greenpeace : #clickclean

Des moteurs de recherche écologiques ou engagés?

Les moteurs de recherche qui se qualifient d’écologiques sont en fait, des méta-moteurs. C’est-à-dire qu’ils utilisent la technologie des moteurs de recherche traditionnels tels que Google, Bing et Yahoo mais qu’ils reversent une partie de leurs revenus, générés par la publicité, à des causes écologiques, sociales ou humanitaires. C’est en ça que réside la différence. Il n’est donc pas question de moteurs de recherche « écologiques » mais disons, plus altruistes.

En ce qui concerne les moteurs de recherche « écologiques » francophones, les trois plus pertinents nous viennent de France. Passons-les en revue :

Ecogine utilise la technologie de Google et reverse la totalité de ses bénéfices à des associations environnementales françaises.

Ecosia utilise la technologie Bing, qui dépend de Microsoft et reverse une grande partie de ses bénéfices à des projets de reforestation en Afrique, Asie et Amérique Latine.

Lilo utilise principalement la technologie de Google mais aussi de Bing et Yahoo. Il reverse une partie de ses bénéfices à des projets sociaux et environnementaux, notamment en Belgique (note de bas de page pour identifier les acteurs bénéficiaires).

Comment choisir votre moteur de recherche ?
Plusieurs critères permettent de choisir le moteur de recherche qui vous convient le mieux :

  • Si vous avez l’habitude de surfer via Google, choisissez Lilo ou Ecogine qui utilisent les mêmes algorithmes.
  • Si c’est sur Bing que vous faites vos recherches, alors orientez-vous vers Ecosia.
  • En fonction de vos thèmes écologiques de prédilections, privilégiez Ecogine qui finance des associations environnementales en France. Ecosia finance des associations de reforestation en Afrique et en Amérique Latine et enfin Lilo vous donne le choix entre des projets sociaux et environnementaux entre autres en Belgique. Comme par exemple le Réseau de Consommateurs Responsables, Défi Belgique Afrique, le rêve d’Aby…

En conclusion

Surfer sur le Net génère une empreinte écologique mais il est possible de limiter celle-ci en multipliant les petits gestes au quotidien. Et une diminution de quelques grammes d’émission CO2 par jour peut paraître minime mais si on le multiplie pas 3,77 milliards d’internautes, l’impact est énorme !

En choisissant un moteur de recherche « écologique », vous permettez le financement d’associations environnementales plutôt qu’enrichir uniquement les entreprises internationales et ça, c’est déjà pas mal.

Enfin, la pression sur les géants du web pour qu’ils passent au vert finit par payer. Grâce à l’activisme de la société civile, les infrastructures sont de moins en moins polluantes!

L’empreinte écologique du web en quelques chiffres :

3,77 milliards = le nombre d’internautes dans le monde,

7 gr de CO2 = l’empreinte écologique d’une recherche sur le web,

200 millions = le nombre de requête quotidienne sur les moteurs de recherche,

7 tonnes de CO2 par jour = l’empreinte des recherches sur Google chaque jour. Cela équivaut à 7ans de chauffage pour un appartement « 3 pièces » parisien,

50gr de CO2 = le poids que peut atteindre un email avec une grosse pièce jointe et des destinataires multiples,

63% du trafic de données = du streaming vidéo


Découvrez 10 astuces pour limiter son empreinte écologique sur le net

  • Supprimer les messages non utiles de sa boîte mail
  • Optimiser la taille des documents en pièce-jointe (pdf, image compressée, liens hypertextes…) et supprimer les pièces-jointes qui peuvent être attachées au message quand on répond à un correspondant.
  • Se désabonner des lettres d’informations non désirées
  • Privilégier la musique et les vidéos hors-ligne au streaming
  • Bloquer les pubs avec des logiciels adéquats
  • Éteindre les appareils connectés quand vous ne les utilisez pas
  • Limiter le recours aux clouds
  • Simplifier vos requêtes
  • Préférer l’outil « favoris » au moteur de recherche pour les sites que vous visitez régulièrement
  • Utiliser les moteurs de recherche « écologiques »


Dites à Netflix d’abandonner les énergies polluantes !

Greenpeace a lancé une campagne pour pousser Netflix à abandonner les énergies polluantes. Car si nous sommes des millions à rire, à pleurer et à frissonner devant les célèbres séries diffusées par ce géant du streaming, nous voulons aussi  pouvoir regarder nos séries grâce à des énergies 100 % renouvelables !

Je signe !


L’auteur :

 

 

 

 

Catherine Crozon
Stagiaire CERES (Mai-juin 2017)

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